Evaluation de la potentialité :

Faire ressortir le potentiel exploité ou « vacant » de chaque wilaya (ou commune), à partir d’une lecture simultanée des indicateurs d’évolution, permet de distinguer 4 groupes de zone géographiques :

Chaque type de marché mis en évidence, se caractérise par un potentiel que l’entreprise abordera de façon spécifique.

Marchés en expansion :

Le premier groupe de wilayas a connu, durant la période 2011-2020 des évolutions importantes sous tous les angles de vue (nombre de commerces par rapport aux habitants et poids des nouveaux commerces par rapport aux commerces actifs dans la wilaya).

20 wilayas au total sont affectées à ce groupe. 

Celles-ci ont une demande potentielle qui dépasse les capacités disponibles sur le marché.

Par exemple :

Les wilayas de Biskra, El Oued, El Bayadh et Ghardaïa, malgré leurs faibles tailles de marchés en matière de nombre de commerces, ont les évolutions les plus imposantes.

Cela se traduit par une expansion de la demande qui pourrait être liée à de multiples facteurs : contexte économique (concentration des efforts de l’état vers la zone par exemple), évolution des revenus, arrivée d’investisseurs, …

Ce même groupe de wilayas peut être segmenté en 4 sous-groupes en fonction de l’intensité de leurs évolutions.

Celles ayant affiché les potentiels à exploiter les plus intéressants :

El Oued, Batna et El Bayadh ont non seulement connu une évolution importante du taux de commerces par rapport à la population, ce qui se traduit concrètement par l’apparition d’un nombre important de commerçants en raison de la demande y ayant été identifiée

De plus, le poids des commerces en plus y est tout aussi important.

Cela est lié au fait que l’offre présente auparavant, au sein des marchés en question, était peu importante en comparaison avec le potentiel « inexploité » de ces zones : la désignation commune est celle de « marchés vierges ».

D’autres wilayas ont des évolutions mois importantes en matière de poids des commerces nouveaux, cependant, le nombre de commerces par rapport aux habitants reste en forte évolution ; l’offre y est attirée en raison de la forte demande qui y est présente.

Tizi-Ouzou par exemple, est une wilaya dont le nombre de commerces par rapport aux habitants est en constante croissance.

Inversement pour Sétif dont le poids des commerces en plus est important malgré la taille de son marché (3ème marché le plus important en Algérie en ce qui concerne les commerces abordés par l’analyse).

L’évolution moins importante, du nombre de commerces par rapport aux habitants, peut aussi être dûe, dans le cas de certains marchés, à l’évolution importante de la population.

Les marchés demandeurs :

Le deuxième groupe abordé est celui des marchés dont le poids des commerces en plus est important sans avoir d’influence équivalente sur le taux de commerces par rapport aux habitants.

5 wilayas au total sont des wilayas dont le nombre d’habitants pour un 1 commerce ne connait pas d’évolution par rapport à la taille du marché : Oum El Bouaghi, Laghouat, Oran, Relizane et Mascara.

Cela est dû (dans le cas de la wilaya d’Oran par exemple) à l’importante croissance du nombre d’habitants tout en étant un marché d’une haute attractivité pour l’offre : un marché demandeur et diversifié ouvert aux produits : la wilaya d’Oran est le deuxième marché le plus important après Alger en matière de population des commerces étudiés.

Les autres zones qui sont moins importantes en matière de taille par rapport à Oran, mais tout aussi attractives, sont aussi des wilayas nouvellement en expansion. 

Marchés compétitifs/exigeants :

7 wilayas au total correspondent à ce groupe en plus des deux mises en avant : Annaba, Guelma, Tiaret, Bechar et Aïn Temouchent.

Ce sont des wilayas en voie de saturation en matière d’offre, car le poids des commerces nouveaux y devient de moins en moins important, mais le nombre de commerces continue cependant à croître : « les commerces sont toujours attirés par la demande présente ».

Les wilayas de Béjaïa et de Tlémcen qui correspondent à cette interprétation, sont à travers celle-ci, considérées comme étant des wilayas pour lesquelles la demande ainsi que les dépenses y sont importantes par rapport à leurs régions.

La compétitivité entre produits y est en revanche importante car l’offre présente est saturées face à un marché demandeur vue l’évolution des taux (par exemple : les locaux les plus attrayants et potentiels pour les commerces sont pris).

Même si la concurrence y est présente, l’opportunité réside dans la marge induite par l’intensité de la demande : les dépenses sont plus importantes.

A partir de cette base, il est possible de distinguer deux facettes de la demande, le nombre d’habitants à lui seul n’étant pas un indicateur « exhaustif » de la demande, sauf sous un angle de vue absolu.

En effet, les revenus, dépenses et autres éléments en rapport avec le développement de la zone sont à prendre en considération.

·      L’importance de la demande en matière de taille :

Une demande cernée, pour laquelle les produits disponibles correspondent à celle-ci, va varier en fonction des dépenses pour les produits disponibles sur le marché.

·      L’intensité de la demande :

Une demande non entièrement cernée ayant besoin de la présence de nouveau marchés/produits.

Concrètement, les commerçants se dirigeront vers un marché quasi saturé dans le cas où les dépenses restent attractives (Béjaïa, Tlemcen).

Les commerçants se dirigeront aussi vers un marché qui n’est pas encore installé/établi car les opportunités pour les nouveaux produits sont attrayantes (Biskra, El Oued, Batna, …).

Le nombre de commerces en croissance dans les wilayas de Tizi-ouzou, Béjaïa, Tlémcen ou Sétif par exemple, indiquent que les zones continuent à être attrayantes pour les commerçants malgré le nombre – important par rapport à la zone – de ceux déjà présents (actifs). 

Les marchés concurrentiels saturés :

L’approche pour l’entreprise sera différente en ce qui concerne le dernier groupe de wilayas.

Viser ce type de marchés implique une confrontation face à une concurrence relativement intense.

Ce groupe est constitué de wilayas ayant atteint leur saturation/maturité (ou stagnation dans certains cas) en matière d’offre : le niveau de compétitivité y est élevé dans le cadre de la mise en place d’un nouveau produit.

Tout dépendra pour l’entreprise de l’attrait du marché en fonction de la taille de celui-ci ainsi que des moyens à disposition de l’entreprise.

Ainsi, pour ce type de zones géographiques, les parts de marchés sont généralement réparties sur des produits « installés », connus et habituels.

La taille des marchés des deux Wilayas y est cependant différente.

La demande existante l’est aussi, à partir du moment où les wilayas d’Alger et de Constantine, ont connu un important « rush » de l’implantation des commerces durant des exercices antérieurs : 1999, 2000 ou 2001 par exemple. Une expansion précoce qui permet de déduire l’importance de la demande dans les deux marchés.

Il est possible cependant, au sein même d’une wilaya, que les communes soient affectées à des segments différents. La commune d’El-Khroub (Constantine) par exemple, a connu des évolutions importantes quel que soit l’indicateur abordé, et ce en raison de zones débloquées (nouvelle ville – Ali Mendjli), qui a attiré des flux importants d’habitants et de commerces.

En faisant aussi partie du même groupe, la wilaya de Tindouf affiche des niveaux d’évolution moindres.  La demande disponible, perçue par le commerçant ou le producteur, est considérée comme peu attrayante. En revanche, ce type de zones géographiques pourrait connaître des évolutions inattendues en raison d’un potentiel non identifié, ou une évolution du contexte : encouragement de projets de la part de l’état, attrait touristique, évolution des revenus dans la zone, … 

A noter aussi que dans certains cas, les évolutions sont en partie motivées par le remplacement de commerces fermés par de nouveaux commerces. Certaines communes par exemple, qui sont de façon générale les chefs-lieux, affichent des évolutions faibles.

Ces communes, peuvent être considérées comme saturées pour les commerces, mais à fort CA pour les produits et donc l’entreprise.

Par exemple : Plus de 50% des commerces actifs dans les communes de Sidi M’hammed et El Biar à Alger, ont été ouverts avant 2007, ou avant 2005 pour Alger Centre.